— So, tell me a bit about yourself?
If I gave you the real version,
I’d say I don’t have much choice left.
Can’t keep opening the fridge
just to find more excuses in there.
So yeah, whenever something looks like it might stick, I call.
Tsss… what a strategy.
The breeding ground of a perfect paradox,
when you already know who’s the demand
and who’s the supply.
Let’s not lie to ourselves —
your hunter’s instinct already smelled
how rotten the meat was.
The sixth sense, or something in the eyes.
The irony of the grasshopper,
who got high all summer long,
mocking the working ant
who kept saving for later.
That idiot — living the opposite way.
And what did she tell me? To go dance?
I pretended not to get it.
Then she told me to go fuck myself.
So here I am. In front of you.
And truth be told, that suits you just fine,
’cause only the desperate ones
agree to sell themselves cheap.
And me? I’ll do the job.
Tell myself: it’s temporary,
I’ll find something better later.
As if I had any other choice…
Before I find myself twenty years down the road,
dragging my face to work,
even with a nasty cold.
A kid or two hanging off my arms —
same dad, yeah… I think.
Another addiction clinging to my fingers.
They don’t tell you that,
back in school —
the real job waiting after you leave:
to keep the cliché alive,
pretend instead of exist.
And there you have it —
the dark magic of the gears,
always pushing things to later,
when we were already running late to begin with.
It just wants to run away,
for something even worse.
Doesn’t think, but still wants to clear its head.
I could tell you I’m authentic
pretending I’m not some cheap whore —
but let’s be real:
I keep wondering what my integrity sells for.
Then I realize
it doesn’t take much for me
to put on the lipstick.
That after washing my hands,
I can’t wait to shove them back in the shit —
’cause the dirt never fades away
from hands already too stained.
Here’s The Original Version in French
Entretien d’embuche
— Et si vous me parliez un peu de vous ?
Si je vous donnais la version véritable,
j’vous dirais que j’ai maintenant plus l’choix.
J’peux plus continuer d’ouvrir le frigo
pour n’y trouver que des prétextes.
Alors, dès qu’un truc semble coller, j’appelle.
Tsss… quelle stratégie.
Le terreau du parfait paradoxe,
quand on sait bien qui distingue la demande de l’offre.
Puis on va pas se mentir :
votre instinct de chasseur a déjà bien flairé
à quel point la viande était déjà faisandée.
Le sixième sens, ou un truc dans le regard.
L’ironie de la cigale,
quand elle s’est défoncée tout l’été
à moquer la travailleuse fourmi
qui n’a cessé de mettre de côté.
Cette conne, qui vit dans la démarche opposée.
Et elle m’a dit quoi ? D’aller danser ?
J’ai fait semblant de pas comprendre.
Puis elle m’a dit d’aller me faire mettre.
Donc, je suis là. Devant vous.
Vous, ça vous arrange dans le fond,
parce qu’y a que les désespérés
enclins à jouer la pute au rabais.
Et puis moi, je ferai le taf.
Je me dirai : c’est provisoire,
j’trouverai quelque chose de mieux plus tard.
Comme si j’avais d’autre choix…
Avant de m’y retrouver encore vingt ans après,
à traîner ma gueule de force,
même quand j’ai une sale crève.
Un gosse ou deux en plus sous les bras —
tous du même papa… ouais, enfin j’crois.
Une addiction en plus du bout des doigts.
On nous en parle pas, ça, derrière les bancs d’école :
du vrai boulot qui nous attend après la sortie,
celui de perpétuer le cliché.
À juste prétendre sans exister.
Et voilà : la noire magie des engrenages,
à sans cesse remettre à plus tard,
alors qu’on est pas en avance, de base.
Ça veut juste s’enfuir, pour quelque chose même d’encore pire.
Ça réfléchit pas, mais ça veut quand même se vider l’esprit.
Moi, j’pourrais vous dire que je suis un gars authentique,
à faire croire que je suis pas une catin, mais on va pas se mentir :
j’me demande à quelle hauteur mon intégrité se monnaie.
Puis j’réalise qu’il ne m’en faut pas beaucoup
pour sortir le rouge à lèvres.
Qu’après être passé au robinet,
je m’empresse de refoutre les mains dans la merde—
parce que la crasse ne s’efface plus
de mes mains déjà trop salies.
Peace & Bliss
Aaron.


Wow !
"And there you have it —
the dark magic of the gears,
always pushing things to later,
when we were already running late to begin with."
Truth felt 🖤✔️
Intense!