A drought of inspiration, silence reigning still,
Notes escape the staff, eluding every will.
After days with no respite, no end, no reprieve,
I lie, weary, adrift within a dream I can't conceive...
Before me stands a mansion, eerie and austere,
Its threshold open — I approach with humble air.
The master of the place, reading all my daring,
Unleashed at once a wave of awe beyond comparing.
He led me to the grandest hall without a sound,
Where noble instruments in beauty did abound —
Each crafted with a grace, arranged in subtle lines,
Their luthier's finesse echoing like signs.
A glance from him — my host — invited me to play,
To follow his own rhythm, let music guide the way.
But then, a burst of brilliance struck my soul,
As if the bow itself had shattered all control.
Sublime the notes he summoned, burning, raw —
Too vast to mimic. I stood frozen, struck with awe.
No choice but to abstain — his skill too high,
His frenzy danced where human hands defy.
His tempo roared, a storm that bent all time,
The strings, worn thin, shaped chaos into rhyme.
And when he stopped, he called it “barely fair,”
While I, still stunned, could only marvel there.
Never, I think, had I heard such splendor,
I knelt in reverence, overcome with wonder.
He saw the secret rising in my chest —
To be the scribe of such divine unrest.
He grinned, and held his bow toward me — a dare.
"Take my place," his eyes declared.
On one sole term:
That I surrender to a pact, sworn firm.
He offered me the bow — horsehair tight and true —
And as he snapped his fingers, the dream withdrew.
I woke from that deep and sacred trance,
My hand still aching for a second chance.
Desperate to transcribe what he had played,
A melody lost — and I dismayed.
Though fame would crown the works that followed near,
I’d lost the taste of days sincere.
Once my lips had sipped that sacred wine,
Desire dimmed like flame declined.
From the land of sleep, I chase him still —
That sound, that force, that otherworldly thrill.
Even now, the moment haunts me so...
— Was he the Devil? I’d only half believe it so.
Here’s The Original Version In French
Le songe de Tartini
Absence d’inspiration, d’un silence marqué.
À saisir ces notes qui s’échappent de la portée,
Après des jours sans répit, sans trêve,
Gisant, las, perdu au milieu d’un rêve…
Une étrange demeure se dresse devant moi,
Invité à fouler le parvis, d’un geste humble de politesse.
Le maître des lieux, devinant toute ma hardiesse,
Fit naître aussitôt l’ampleur de mon émoi.
Dans la plus belle pièce, arrivé sans un bruit,
Trônent avec élégance
Des instruments de noble manufacture,
Agencés avec finesse et harmonie.
L’hôte m’invita, d’un regard, à suivre la cadence
Depuis son violon à la gracieuse tessiture.
Mais soudain, comme frappé d’une fulgurance,
Sublimé par les notes qu’il distillait,
Impossible de suivre — je restai figé.
Je n’eus guère d’autre choix que l’abstinence.
À la virtuosité frénétique s’ajoutait
Un rythme effréné, constamment grondissant,
Provoquant l’illusion que l’espace-temps
Était muable par l’attaque élimée de l’archet.
Il s’arrêta net, qualifiant sa prestation de médiocre,
Moi, ne réalisant pas totalement ce qui parvint à mes oreilles,
Jamais, je crois, n'avais-je entendu pareille merveille !
Songeai-je brièvement, avant de plier un genou en guise d’éloge
Il lut en moi mon désir le plus secret :
Être le scribe d’une telle vénusté.
Il me tendit la main, d’un sourire espiègle,
M’invitant, dès lors, à prendre sa relève.
À la condition unique,
Me résigner à un pacte, en guise de bonne foi,
Et d’un geste, il me confia l’archet au crin tendu.
Je me réveillai du fond de ma profonde léthargie,
Juste après qu’il eut claqué des doigts —
Je n’avais qu’une hâte : au plus vite retranscrire
Cette mélodie interrompue, à mon grand désarroi.
Mais lorsque je me remis à écrire,
Bien que mes œuvres, de succès, furent couronnées,
J’avais perdu la saveur des jours ordinaires.
Après avoir, du bout de mes lèvres,
Goûté à la magnificence d’un nectar sacré,
À présent mon désir est à l’image d’une flamme déjà consumée,
Quand, depuis le royaume de Morphée, je n’ai de cesse que de le poursuivre…
Encore aujourd’hui, j’ai en tête cet instant mystique.
Ce qui s’est passé dépasse l’essence même de la musique.
— Qui était cette incarnation étrange ? me dis-je, la bouche béé…
S’il s’agissait du diable, je ne l’aurais cru qu’à demi-mot.
💬 And you — what does this poem awaken in you?
A vision? A sound? A haunting echo from your own dreams?
Feel free to share your thoughts, your silence, your own metaphysical digressions.
Peace & Bliss,
Aaron



This is gorgeously passionate, Aaron! I love it.
It echoes some recurring dreams I have had. It brilliantly captures the way that certain dreams disturb and puzzle you. The narrative through the poem had me hooked.